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| Le site des recherches sur les psychothérapies psychodynamiques |
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Dr Jean-Michel Thurin
Le processus concerne à la fois le déroulement de la psychothérapie, ses acteurs (patient, thérapeute et sa technique, interactions patient-thérapeute) et les changements qui s'y produisent [1].
Concernant le déroulement, Howard et al. [2] ont distingué trois grandes trois grandes étapes de la psychothérapie : intervention de crise, réparation et réaménagement.
Les acteurs : le patient se caractérise par ses troubles et sa personnalité, mais également par sa motivation, ses représentations, ses aptitudes à la verbalisation, etc. Le thérapeute peut être plus ou moins formé et expérimenté, réservé ou empathique, s'adapter plus ou moins facilement aux caractéristiques du patient. La technique peut être appliquée à partir d'une procédure déterminée (TCC) ou adaptée au travail psychologique du patient qui s'exerce à partir de sa souffrance et de la verbalisation de ses principaux problèmes, conflits, fonctionnements … (psychothérapie psychanalytique). Pour Orlinsky [3], les interventions psychothérapiques peuvent se concevoir comme une suite logique de quatre phases, se chevauchant continuellement en pratique.
Le changement au cours d'une psychothérapie psychanalytique reste un objet d'interrogation et de recherche. Suivant la perspectivepsychanalytique classique, le principal opérateur de changement se situe dans la résolution de conflits intrapsychiques à partir d'interprétations pertinentes, en particulier d'interprétations de transfert. Depuis une trentaine d'années, l'intérêt s'est porté sur les interactions entre le patient et le thérapeute et l'internalisation de "bonnes relations". Celles-ci ne témoignent pas tant que le thérapeute soit un "bon parent", mais d'abord qu'il puisse contenir les projections du patient en assurant une fonction de "holding", diminuer ses terreurs en garantissant une sécurité de base, et permettre ainsi la constitution d'un lien qui sera le prototype de relations utlérieures. On parle alors d'expériences émotionnelles et de relations d'objets correctives, et de symbolisation. L'importance relative de ces deux aspects (interprétation versus expérience et construction) n'a jamais été évaluée systématiquement.
Du point de vue méthodologique, le suivi du processus psychothérapique permet de repérer les vécus et les configurations fonctionnelles (notamment relationnelles) associés au déclenchement d'un symptôme, à son exacerbation ou à sa résolution. Leur déroulement, leur évolution, peuvent être mis en relation non seulement avec le contexte externe, mais également avec les situations et les thèmes abordés dans la cure, les éventuelles difficultés rencontrées, l'ambiance de la psychothérapie, les interventions et les interactions qui s'y déroulent. Il s'agit donc à la fois de préciser des modalités de fonctionnement qui conduisent le patient à des souffrances, ruptures, symptômes, crises, de situer les caractéristiques générales de la psychothérapie au moment où ce fonctionnement pathologique est abordé, et enfin, si c'est possible, la nature des interactions précises entre le patient et le psychothérapeute dans cette configuration et leur effet. Cette recherche ne peut se dérouler que dans une étude de cas et implique un recueil soigneux et souvent important de données. Ces données peuvent être séparées par segmentation et l'évolution peut être suvie par des analyses de séries temporelles [4].
Le développement de mesures de processus fiables a longtemps constitué un obstacle à la recherche. Elles existent maintenant et nécessitent un accord sur leur utilisation. Il est aussi recommandé qu'elles soient multiples : l'accord entre leurs résultats, plutôt que ceux d'une seule approche, accroît la confiance dans leur validité et renforce la possibilité de les généraliser. Un tableau en fait une brève présentation en annexe.
Les relations entre processus et résultats sont également complexes. En particulier, les scores issus de ces évaluations doivent différencier un traitement d'un autre d'une façon cliniquement significative. Autrement dit, les évaluateurs doivent être capables de distinguer ce qui caractérise un traitement, à savoir ses ingrédients (Blagys [5], Ablon [6]) caractéristiques, mais également ce qui concerne le patient, le thérapeute et l'interaction patient-thérapeute dans sa mise en oeuvre.
Un certain nombre de biais devraient être évités, tels que l'hypersimplification par l'usage d'une seule variable ou perspective d'évaluation, l'utilisation d'une seule mesure ou la prise en compte d'un nombre insuffisant de points dans le temps.
| intensité des symptomes | |
| résolution de conflit | |
| image de soi | |
| expression affective | |
| amélioration des relations interpersonnelles et sentimentales | |
| prise de conscience des représentations internes et leur rapport avec les relations interpersonnelles | |
| réduction des mécanismes de défense | |
| amélioration du fonctionnement réflexif, capacité de rêver | |
| angoisses de séparation, d'abandon, identité, capacité de dire non, autonomie | |
| utilisation des capacités | |
| variété et intensité des investissements | |
| acquisition de la fonction d'auto-analyse |
| FRAMES Dahl |
Repérage de configurations interpersonnelles à forte teneur émotionnelle concernant l'attente liée à un désir et les conséquences de l'accomplissement ou non de ces désirs (action, émotion, défense); La séquence habituelle des événements dans chaque configuration constitue un prototype prédictif dont l'évolution peut être testée en fonction des situations et des interventions. |
| CCRT Luborsky |
Utilisé à partir d'une transcription de séance où il y a un récit clair concernant les relations aux autres au quelque fois à soi, le CCRT tente de mesurer les conflits relationnels et les configurations sur la base de trois composants : attentes, réponses données par les autres, réponses données par le moi. |
| CMT Contrôle Maîtrise Weiss |
Méthode très proche des thérapies cognitives, à la différence près que la relation thérapeutique est un espace où la croyance est testée. L'interprétation n'est pas indispensable. On peut arriver à infirmer les croyances pathogènes par toute une série de moyens, y compris l’attitude générale du thérapeute envers son patient en passant par les tentatives du patient de « tester » où se situe le thérapeute en lien avec les croyances pathogènes |
| PQS Psychotherapy Process Q-Set Jones |
Le PQS comprend trois types d’items descriptifs: 1) attitude et comportement ou expérience du patient ; 2) actions et attitudes du thérapeute ; 3) interaction de la dyade, climat ou atmosphère de la rencontre. Les 100 propositions qui le composent permettent de caractériser une séance de psychothérapie. Pratiquement, elles sont d'abord classées en trois groupes (très pertinent, non pertinent, neutre), puis le jugement est affiné dans chaque groupe (cotation de 1 à 4) en respectant une courbe de répartition. Cet instrument offre de bonnes qualités de description qualitative du « style » de la psychothérapie (ingrédients, postures du thérapeute et du patient, leurs objectifs et leur implication, tonalité générale de la séance) et potentiellement des interactions qui se déroulent au cours d’une de ses phases particulières. Initialement proposé sous forme de cartes, il existe maintenant sous forme électronique. |
| APS Analytic Process Scales Waldron |
Les échelles de processus analytique (APS) évaluent trois dimensions : 1) la contribution de l'analyste : aider à developper une relation dans laquelle l'analyste peut fournir une clarification et une interprétation du transfert et de la résistance; 2) la contribution du patient : communication de l'expérience et expression des sentiments dans des voies qui procurent une information à propos des besoins, des désirs et des conflits, accompagnée d'une réflexion sur soi ; 3) les interactions caractéristiques de la relation qui se met en place. |
| ESM Échelle Santé-Maladie Luborsky |
Échelle
santé-maladie (Health-sickness rating scales [HSRS])
(Luborsky, 1962 ; Luborsky et Bachrach, 1974). Aprìs avoir déterminé
le niveau général de la santé de l'individu (à
partir de notes¸), un manuel contenant 24 illustrations de cas graduées
sur une échelle à 100 points est consulté, et
la cotation est réalisée en décidant si la personne
en question est plus ou moins en bonne santé qu'un cas donné
en illustration. |
| ECPH Échelles de changement psychodynamique Hoglend |
Plus spécifiques aux psychothérapies psychodynamiques, elles explorent cinq dimensions : relations interpersonnelles amicales et familiales, relations sentimentales et sexuelles, tolérance aux affects, capacité d’insight, capacités d'adaptation et de résolution des problèmes. Chaque dimension est cotée de 1 à 100, avec une description des critères de cotation de 10 en 10, suffisamment explicite pour que les cotateurs rapprochent au plus près leur description du cas qu'ils ont à évaluer. |
| SPC Échelles de capacityés psychologiques Wallerstein |
Ces échelles reflètent 17 capacités psychologiques |
| "Interprétation" | - encouragement à élaborer - clarification - interprétation |
Ablon J S, Jones E E. Validity of controlled Clinical Trials of Psychotherapy : Findings from The NIMH Treatment of Depression Collaborative Research Program. Am J Psychiatry 2002 ; 159 : 775- 783.
Blagys M D, Hilsenroth M J. Distinctive Features of Short-Term Psychodynamic- Interpersonal Psychotherapy: A Review of the Comparative Psychotherapy Process Literature. Clin Psychol Sci Prac 2001 ; 7:167-188. Traduction JM Thurin et B Lapeyronnie
Kazdin A.E. Single case research designs:Methods for clinical and applied settings. New York:Oxford University Press, 1982, 368 p
K.I. Howard, D.E. Orlinsky et R.J. Lueger. Clinically relevant outcome research in individual psychotherapy. New models guide the researcher and clinician. British Journal of Psychiatry (1994), 165, 4-8. Traduction F Marchand.
Orlinsky D.E. Apport de la recherche à la connaissance des psychothérapies. Introduction. In Actes du colloque international de Lyon 1990.
Waldron S. How can we study the efficacy of psychoanalysis ?Psychoanal. Q., vol 66, num 2, 1997: 283-322. Traduction JM Thurin.
JM Thurin. L'évaluation des changements en psychothérapie. Pour la recherche 2000 ; 25
Dernière mise à jour : 27/01/06 info@techniques-psychotherapiques.org
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