WebSéminaire « La question de la preuve scientifique dans les interventions complexes, "Qu'est-ce qui fait preuve et Comment ?" »

un partenariat scientifique HAS - Fédération Française de Psychiatrie

animé par Jean-Michel Thurin. Collège Recherche de la FFP, École de Psychosomatique, Inserm U 1178.

Argument de la session 1 (janvier-septembre 2015)

Ce qui fait preuve en médecine a été réduit pour l’essentiel jusqu’à présent aux résultats d’études expérimentales. Cet abord pose question dans différentes disciplines et champs, et notamment celui de la psychiatrie et de la santé mentale, pour au moins trois raisons.

- la première est l'épistémologie qui sous-tend cette méthode. Fondée sur le modèle médical du traitement d’un trouble focal dont la cause est identifiée, elle n’est pas directement transposable à ce qui sous-tend l’efficacité d’une action thérapeutique interpersonnelle sur un problème multidimensionnel. Dans ce cas, le praticien n’applique pas un traitement général, il le construit avec son patient en fonction de son contexte psychopathologique et individuel.

- la seconde est que la méthodologie des essais contrôlés randomisés est aujourd’hui très largement remise en question, non seulement du fait de la difficulté de leur réalisation avec des patients rencontrés et traités dans des conditions naturelles, mais sur ce qui constituait son point réputé le plus solide, la démonstration de la relation de causalité entre l’application de l'intervention testée et l'effet mesuré.

- la troisième est que la sélection des connaissances sur la base de « la preuve » ainsi définie peut conduire à l'exclusion d'approches thérapeutiques, notamment psychothérapiques, adaptées au soin des troubles complexes qui sont un dénominateur commun en psychiatrie.

Nous sommes ainsi confrontés au fait qu’une méthodologie fondamentalement inadaptée [et qui n’a pas fait elle-même la preuve de son efficacité] est encore souvent la référence et peut devenir plus ou moins directement une menace de réduction de l'accès aux soins et une entrave au développement de recherches pertinentes.

Ce séminaire abordera ces trois points en s’appuyant sur les très nombreuses publications internationales qui les traitent, en particulier celles issues de la Society for Psychotherapy Research et de l’Association Américaine de Psychologie (qui s’est trouvée directement confrontée à ses effets), sur le travail antérieur de la HAS sur le sujet, et sur les nouvelles perspectives qui se dessinent comme alternative pour constituer un corpus de connaissances fiables impliquant la recherche sur des bases scientifiquement solides.

Horaires, Dates et déroulement du séminaire

Les quatre premières réunions par Internet se sont tenues de 20h45 - 22h les Mardi 27 janvier1, Mardi 10 février, Mardi 17mars, Mardi 14 avril et Mardi 12 mai 2015

Argument de la session 2 (décembre 2015-septembre 2016)

Ce Webseminaire se situe dans la continuité de celui qui s’est tenu en 2015 dans le cadre d’un partenariat scientifique HAS-FFP sur le thème : La question de la preuve scientifique dans les interventions complexes, Qu'est-ce qui fait preuve et Comment ? .

Le travail que nous avons mené sur ce thème au cours des mois précédents a abordé deux axes principaux*. Le premier axe a été celui des limites des ECRs dans le champ des psychothérapies et des interventions complexes en psychiatrie et santé mentale. Le second axe a commencé à examiner les alternatives méthodologiques qui peuvent représenter un véritable apport pour nos pratiques et notre profession. La recherche sur les processus et les mécanismes de changements nous rapproche directement de ce qui reste encore largement énigmatique, à savoir pourquoi, comment et dans quelles conditions notre action thérapeutique produit des effets, y compris dans de nombreux cas où toute personne sensée serait en droit de considérer que c’est un objectif impossible.

Cet ensemble de questions sera approfondi à partir de 5 articles de Kazdin qui, partant de la possibilité de « Tirer des inférences valides à partir des études de cas", nous amènent par étapes à « Comprendre pourquoi et comment une psychothérapie conduit au changement ». Outre son intérêt pour notre thème , ce parcours constituera en lui-même plus qu’une initiation à la méthodologie de la recherche.

Les réunions de ce second cycle se tiendront les 8 décembre 2015, 12 janvier, 9 février, 8 mars et 12 avril 2016.

Le Séminaire est réalisé via Internet avec le déroulement suivant: